Mon travail s’ingénie donc à relier, à rassembler sur le terrain de l’épars, des éléments a priori sans aucune relation (…) de rendre visible, « l’invisible ».

François Méchain dans l’Exercice des choses.

Oralités et écritures du réel.

Je ne sépare pas la création de la vie. L’un et l’autre s’entremêlent, se nourrissent, se révèlent. Je questionne. L’oralité et la maïeutique sont très présentes dans ma pratique. Les récits de vie. Je prends soin à créer des espaces de dialogue sacrés, là où la parole et les silences agissent. J'aime prendre le temps, plonger en profondeur. Pour autant, je peux aussi aimer l’urgence et la performance du temps réel : Comment une telle contrainte permet-elle de se connecter à son intuition la plus animale et physique ? Je trouve ainsi souvent les réponses au scénario dramaturgique, dans les vécus et les ressentis du corps. Il me guide avec sensorialité et sensibilité. Je n’ai pas d’écriture préalable. Je fais confiance à la rencontre qui amène le projet et au vivant du temps réel. L’envie de filmer naît d’un stimulus souvent inattendu : Une lumière, un son, un visage, un paysage; Une vibration. L’écriture se fait réellement lors du montage. C’est organique, instinctif, une sensation subtile et intérieure qui me donne une direction. Un raccord d’images, de mouvements, de couleurs, qui n’ont parfois rien à voir entre elles. Une idée germe, elle grandit, se perd, dérive puis retrouve un chemin qui devient alors évidence. 

Décroissance

En écho à la pièce Akoma mia volta qui s’intéressait à l’exode des grecs à la campagne pendant la crise, j’ai choisi de vivre éloignée de la ville, de privilégier un mode de vie authentique. C’est aussi pour moi un lieu de recherche et de création proche de l’humain, de notre vulnérabilité. J’aime les accidents formels, les images qui traduisent aussi notre nature imparfaite. J’ai ainsi un rapport assez brut à l’image et j’essaie de très peu intervenir sur la colorimétrie et le travail de post- production.

Sténopé, “Sur les chemins”, workshop avec Arno Brignon,

Ariège, octobre 2021.

Corps, mouvement et création


 Le corps dansé. Le corps mécanique, le corps organique, le corps mémoire(s), le corps boussole, le corps blessé, le corps sacré.
Je m’interroge sur sa capacité à nous guider. Etre en présence, patiente, j’observe et je digère.
Toute création prend source, à mon sens et initialement, dans un vécu personnel et/ou collectif; Conscient ou inconscient. En ce sens, au large de mes projets, je poursuis une recherche intérieure qui soutient ma démarche créative. 
Différentes pratiques artistiques et thérapeutiques jalonnent mon chemin. Je me forme au Yoga Nidra auprès de Florent Leboucher et à La Méta*, outil puissant de connaissance de soi, créé par Flora Douville.
Je reçois les enseignements précieux de Claire Jozan-Meisel et de Camille Sfez. 

*Mon profil Méta: Automne, vibration Terre, Unda-Ignis, Losange-cercle

Cie Les âmes fauves, Carmaux [gaëlle berthomé]

Tout est prétexte à écriture(s)


Georges Perros écrit dans Papiers Collés: "Toute note attend son cadre. Celle-ci pourra servir d’orgue à un roman, celle-là commencer une lettre, cette autre être « datée » et trouver son heure dans un journal. La note est orpheline. (...) Elle a le goût effréné de l’autonomie, de la liberté. Rien de moins familier, malgré les apparences. De moins « humain." 
J'aime inventer à partir de ce qui est là. Sentir le possible dans chaque chose. Tirer le fil et rassembler ce qui semble n'avoir aucun lien. En trouver le sens caché et révéler l'histoire tel un bleu de méthylène.  
Je me sens collecteuse, enquêteuse, sage-femme, iconographe, chercheuse de vérité(s). 

“Lorsque, le temps d’un instant, nous faisons taire nos esprits et cessons de chercher à comprendre, survient une connaissance sans pensée, sans jugement, sans accusation ni peur. Alors nous voyons la beauté pour elle-même, sans besoin d’analyser ni de maîtrise. Et nous savons qui nous sommes vraiment. En attendant, nous ne faisons que passer.”

Martin Bogren, photographe